
La sécurité et l’organisation des élections constituent les deux principaux objectifs affichés par le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé. Pourtant, alors que l’insécurité continue de représenter une menace majeure pour la population, des questions fondamentales se posent sur la capacité des autorités à concrétiser leurs engagements.
Comment un gouvernement peut-il prétendre combattre les gangs armés alors que des responsables de son entourage sont visés par des sanctions internationales pour des liens présumés avec des groupes criminels ? Ces accusations, qui doivent être examinées sur la base de preuves, soulèvent néanmoins une question de confiance et de crédibilité que les autorités ne peuvent se permettre d’ignorer.
Le paradoxe est préoccupant : ceux qui sont chargés de rétablir l’autorité de l’État doivent aussi convaincre la population que leurs institutions sont à l’abri de toute compromission. La lutte contre les gangs ne peut se limiter aux déclarations officielles. Elle exige des résultats concrets, une volonté politique claire et une administration dont l’intégrité ne soit pas constamment mise en question.
Décembre : l’échéance de vérité
Le mois de décembre, présenté comme une échéance décisive pour l’organisation des élections, approche. Mais une question demeure : dans quelles conditions les autorités entendent-elles organiser un scrutin crédible alors que l’insécurité, les difficultés de contrôle territorial et la crise de confiance continuent de fragiliser le pays ?
Organiser des élections ne consiste pas simplement à fixer une date et à publier un calendrier. Il faut garantir la sécurité des électeurs, des candidats et du personnel électoral, ainsi que des conditions permettant une participation libre et inclusive. Sans ces garanties, le processus électoral risque de se heurter à des obstacles majeurs.
Le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé doit donc rendre des comptes sur ses résultats en matière de sécurité et présenter des garanties crédibles concernant le processus électoral. Les promesses ne sauraient remplacer les actes, et les échéances politiques ne peuvent tenir lieu de bilan.
La question de la légitimité et de la responsabilité
Les sanctions internationales visant certaines personnalités liées aux institutions haïtiennes alimentent les interrogations sur la gouvernance et la transparence. Elles ne constituent pas, à elles seules, une preuve de culpabilité pénale. Toutefois, elles rendent indispensables des explications publiques, des vérifications sérieuses et, lorsque les faits le justifient, des mesures appropriées.
Dans un pays confronté à une crise sécuritaire et institutionnelle profonde, la confiance ne se décrète pas. Elle se construit par la transparence, la responsabilité et des résultats vérifiables.
Si les autorités ne parviennent pas à démontrer leur capacité à améliorer la sécurité et à créer les conditions nécessaires à des élections crédibles, leur maintien à la tête de l’exécutif continuera de susciter des interrogations légitimes. La responsabilité politique impose alors un bilan public et des décisions conformes à l’intérêt national.
Haïti ne peut pas se permettre de transformer décembre en une nouvelle échéance de promesses non tenues. La population attend davantage que des discours : elle attend la sécurité, des institutions crédibles et un processus électoral capable de restaurer la confiance démocratique.
Au bout du compte, le gouvernement sera jugé sur ses actes, sur les garanties qu’il apportera au processus électoral et sur sa capacité à répondre aux attentes d’une population qui ne peut plus se contenter de promesses.





