
La plateforme politique VIKTWA a officiellement lancé ses activités dans l’Artibonite, le samedi 12 août 2026, lors d’une rencontre organisée au Village des Dattes, aux Gonaïves. Réunissant notamment l’ASE, le DEHFI et le MNT, la structure entend se positionner en vue des prochaines échéances électorales.
Au-delà des présentations des différentes composantes, la sécurité, l’état de l’Artibonite et la nécessité d’un changement politique ont dominé les interventions. La rencontre a notamment été marquée par les prises de parole de Jorchemy Jean-Baptiste, figure du MNT, et de Wilner Joseph, candidat à la présidence désigné par la plateforme.
Une mobilisation qui démarre avec retard

Annoncée pour 10 heures, l’activité n’a débuté que vers midi avec plus d’un millier de partisans et sympatisans de la plateforme. L’attente était notamment liée à l’arrivée de Wilner Joseph, dont la présence était annoncée comme l’un des principaux moments de la journée.
Malgré la chaleur et une participation qui semblait inégale, les responsables de Viktwa ont été accueillis par leurs partisans. Des slogans et des applaudissements ont ponctué plusieurs interventions.
Marcel Chatelier applaudi par ses partisans
Le Docteur Marcel Chatelier, présenté comme candidat au Sénat sous la bannière de la plateforme pour le departement de l’Artibonite, a également retenu l’attention d’une partie du public. Son intervention a été accompagnée de nombreux applaudissements et de slogans de soutien.
Son discours est toutefois resté relativement bref sur les grandes orientations politiques de la plateforme. Ses partisans ont davantage mis en avant sa personnalité et les attentes qu’ils placent en lui dans un département confronté depuis plusieurs années à une dégradation de la situation sécuritaire et économique.
Jorchemy Jean-Baptiste appelle au rassemblement
L’intervention de Jorchemy Jean-Baptiste a constitué l’un des principaux temps forts de la rencontre. Le responsable du MNT a cherché à mettre en avant l’unité entre les différentes composantes de Viktwa, au-delà des identités partisanes.
« Jodi a se pa Toutouni, ASE ni DEHFI. Nou vin prezante la men se kandida pati a dezinye pou pote limyè pou nasyon an… Wilner Joseph se youn nan nou, youn ki sanble nou; se yon jèn ke nou mete konfyans. Viktwa di tout moun dwe gen menm chans. »
Le discours, centré sur l’unité et l’espoir d’un changement, a été salué par une forte ovation du public.
Wilner Joseph met la sécurité au premier plan
Plus réservé dans son intervention, Wilner Joseph a évité de développer un discours de campagne classique. Le candidat désigné par Viktwa a plutôt insisté sur la situation de l’Artibonite et sur les difficultés auxquelles la population est confrontée.
Il a expliqué que sa présence dans le département visait notamment à rencontrer les acteurs locaux afin d’identifier les principaux problèmes et d’échanger sur les réponses à leur apporter.
La situation sécuritaire a occupé une place importante dans son intervention. Wilner Joseph a évoqué l’état des Gonaïves et la violence qui affecte plusieurs zones du département.
« Nou pa vin la pou denonse ensekirite sèlman, nou pa vini tou pou konstate eta vil Gonayiv ye, men nou vini pou n reflechi kijan n pral jwenn yon solisyon ak bagay sa yo. »
Le candidat a ainsi présenté la sécurité non seulement comme un problème à dénoncer, mais comme l’un des principaux défis auxquels une éventuelle future administration devra apporter des réponses.
Appel à la participation électorale
Wilner Joseph a également invité les citoyens à s’inscrire sur les listes électorales et à participer au processus électoral.
Selon lui, le vote doit permettre à la population de défendre ses choix politiques, ses aspirations et ses intérêts.
Le candidat a par ailleurs appelé à l’unité et au rejet de la violence :
« Nou dwe sispann viv tankou chen manje chen, pran chemen inite, lapè, respè ak antant nasyonal. P ap gen pwogrè nan divizyon. »
Une plateforme attendue sur ses réponses à la crise sécuritaire
Le lancement de Viktwa intervient dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement difficile. La plateforme est présentée comme proche du pouvoir en place, ce qui place ses dirigeants devant un enjeu politique important : convaincre qu’ils sont en mesure d’apporter des réponses différentes ou plus efficaces aux problèmes auxquels le pays est confronté.
Dans l’Artibonite, cette question prend une dimension particulière. Plusieurs zones du département restent affectées par l’insécurité et la circulation sur certains axes demeure difficile.
Les autorités ont, au cours des derniers mois, annoncé ou engagé différentes initiatives impliquant les forces de sécurité et d’autres dispositifs destinés à lutter contre les groupes armés. Malgré ces mesures, la situation sécuritaire demeure préoccupante dans plusieurs secteurs.
Pour Viktwa, la question sera donc moins de constater l’insécurité que de préciser les mécanismes qu’elle entend mettre en place pour y répondre.
Des promesses à l’épreuve du terrain
Le lancement de la plateforme dans l’Artibonite marque ainsi une première étape dans son implantation politique. Mais l’accueil réservé à ses dirigeants ne suffira pas à mesurer son potentiel électoral.
À l’approche des échéances annoncées, plusieurs interrogations demeurent : la plateforme parviendra-t-elle à transformer ses discours sur l’unité, la sécurité et le changement en propositions concrètes ? Quel bilan ses candidats défendront-ils face au bilan du pouvoir actuel ? Et surtout, quelles garanties pourront-ils apporter à une population confrontée quotidiennement à l’insécurité et à la précarité ?
La tenue effective des élections constitue elle-même une autre incertitude.
Dans ce contexte, l’Artibonite apparaît comme un terrain politique stratégique. Pour Viktwa, le véritable défi commence désormais : passer du lancement politique aux propositions concrètes et, éventuellement, convaincre les électeurs de lui accorder leur confiance





