
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, l’Hôpital La Providence des Gonaïves (HPG) a organisé, ce dimanche 8 mars 2026, une journée de consultations gynécologiques gratuites au profit des femmes incarcérées à la prison civile des Gonaïves. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une campagne de dépistage et de prévention du cancer du col de l’utérus lancée par l’institution sanitaire.
Pour cette activité, une équipe composée de médecins spécialistes en gynécologie et d’infirmières s’est rendue à l’établissement pénitentiaire afin d’offrir des consultations médicales et des soins aux détenues. Les bénéficiaires ont également reçu des kits d’hygiène destinés à améliorer leurs conditions sanitaires.

Cette intervention s’inscrit dans une série d’activités prévues du 6 au 23 mars 2026 à l’Hôpital La Providence des Gonaïves, période durant laquelle les femmes sont invitées à venir bénéficier gratuitement de consultations et de dépistages du cancer du col de l’utérus. Le lancement officiel de cette campagne a eu lieu le vendredi 6 mars dernier.
Une initiative axée sur la prévention

Présent lors de l’activité, le directeur exécutif de l’HPG, le Dr Frantz Alexis, a souligné l’importance d’assurer un suivi médical adéquat pour les cas détectés lors de ces consultations.
« Nou pa sèlman vini la pou nou fin ba yo swen jodi a epi nou ale , men nou la pou bay bon jan swivi ak ka ki merite swivi yo. Nenpòt ka li mande swivi bò kote pa nou nan HPG, n ap fè l. Se rezon ki fè nou kenbe kominikasyon avèk yo pou nenpòt sa yo ta wè ki rive pou yo rele nou atan pou nou kapab reyaji», a-t-il déclaré.

Selon le responsable hospitalier, cette initiative répond à une préoccupation croissante liée à l’augmentation des cas de cancer du col de l’utérus observés dans les structures sanitaires.
« Nou fè aktivite sa paske nou konstate lopital la ka sa yo ap vini chak jou, e lè yo rive yo rive nan yon stad ki vrèman avanse. Nou fè l pou anpeche plis moun mouri chak jou ak maladi sa », a-t-il poursuivi.
Dans cette perspective, le Dr Alexis insiste sur la nécessité de privilégier la prévention, considérée aujourd’hui comme un axe central de la médecine moderne.
« Jounen jodi a, avni medsin nan se prevansyon li ye. Nou pa gen ase mwayen pou nou ap fè fas ak maladi sa nan faz ki pi avanse a. Mesaj la se di tout moun ki gen 30 lane oswa plis pou yo vin fè depistaj», a-t-il lancé.
Des conditions de détention évoquées

Au-delà des consultations médicales, l’équipe de l’hôpital a également procédé à une opération de désinfection dans les cellules occupées par les femmes, dans le but d’améliorer les conditions d’hygiène au sein de l’espace carcéral.
Pour les détenues, cette initiative représente un geste important dans un environnement où l’accès aux soins et aux produits d’hygiène reste souvent limité.
Nacha Basha Noel, un nom d’emprunt utilisé pour protéger son identité, n’a pas caché sa reconnaissance envers l’équipe médicale.
« M santi m kontan epi mwen felisite ekip HPG a pou sa yo fè pou nou nan prizon an. Gen nan nou ki malad anndan selil yo, nou kwense anpil anndan, epi gen nan pwodwi ijyenik nou te fini. Se Bondye ki voye HPG nan prizon an pou nou yon lot fwa anko. Pito nou manke manje men nou jwenn pwodwi ijyèn yo ak swen sante anndan paske nou menm fanm nou vrèman vilnerab nan sans sa», a-t-elle confié.
Plaidoyer pour de meilleures conditions pour les détenues

Présente également lors de l’activité, Me Marie Gerda Thermitus, avocate et chargée de mission de l’Office de la Protection du Citoyen (OPC) dans l’Artibonite, a salué l’initiative du directeur de l’HPG tout en plaidant pour une amélioration des conditions de détention des femmes.
Selon elle, la séparation des détenus hommes et femmes devrait être systématiquement respectée, notamment au niveau des cellules de garde à vue du tribunal de première instance des Gonaïves.
« Medam yo dwe genyen yon lòt selil menm si se pa nan menm espas prizon an. Nan gadavi yo, fanm pa dwe menm kote ak gason yo, sa pa gen okenn sans », a-t-elle insisté.
Une initiative alignée sur les politiques sanitaires du MSPP
Les responsables de l’hôpital soulignent que ces activités s’inscrivent dans la politique de prévention et de promotion de la santé prônée par le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), qui encourage les institutions sanitaires à renforcer les actions de dépistage précoce, notamment pour les maladies à forte mortalité comme le cancer du col de l’utérus.
À travers cette campagne de dépistage et cette intervention en milieu carcéral, l’Hôpital La Providence des Gonaïves entend ainsi contribuer à élargir l’accès aux services de santé pour les femmes, y compris celles vivant dans des contextes particulièrement vulnérables.
Pour les responsables de l’établissement, la lutte contre le cancer du col de l’utérus passe avant tout par la sensibilisation et la détection précoce, deux éléments considérés comme essentiels pour réduire la mortalité liée à cette maladie en Haïti.





