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Les Gonaïves accueillent la cellule d’identité judiciaire de la DCPJ : un pas décisif pour la justice dans l’Artibonite

Dans une cérémonie solennelle tenue ce jeudi 6 aout 2026 aux Gonaïves, les autorités judiciaires, policières et administratives ont officiellement lancé l’implantation de la cellule d’identité judiciaire de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) dans le département de l’Artibonite. Une étape historique saluée par l’ensemble des personnalités présentes sur le panel, qui y voient un instrument indispensable à la modernisation de l’appareil judiciaire haïtien.

Un outil au service de la vérité

L’identité judiciaire constitue le socle de toute procédure pénale rigoureuse. Elle permet d’établir scientifiquement les faits, d’identifier les auteurs d’infractions et de protéger les innocents. Longtemps concentrée à Port-au-Prince, cette capacité technique s’étend désormais aux Gonaïves, chef-lieu de l’un des départements les plus peuplés et les plus éprouvés du pays.

C’est dans ce contexte que Me Renable Destina, commissaire en chef près le Tribunal de Première Instance des Gonaïves, a ouvert les débats avec une déclaration sans ambages. Rappelant les dérives que peut engendrer une délivrance complaisante des certificats judiciaires, il a fixé le cap avec fermeté :

« Pinga moun yo delivre sètifika jidisyè yo sou baz zanmitay, epi sèvis la dwe toujou disponib paske m pa swete pou aprè kèk jou pou li kanpe. Menm yon moun ki konn jete fatra nan lari pa dwe gen sètifika polis la. »

Un message fort adressé autant aux agents qu’aux usagers : l’intégrité du service est non négociable. Le commissaire en chef a ainsi rappelé que le certificat de police est un document officiel dont la valeur repose entièrement sur la rigueur de son processus de délivrance.

La DCPJ ancre sa présence en région

L’artisan technique de cette implantation est Loiseau Jamesly, responsable du service d’identité judiciaire à la DCPJ. Il a présenté les missions concrètes de la nouvelle cellule : relevés dactyloscopiques, analyses de scènes de crime, identification des personnes, et appui aux enquêtes judiciaires dans tout l’arrondissement.

« Idantite jidisyè, se syans ki nan sèvis jistis la. Nou pa travay ak sipoze nou travay ak prèv. Pou moun ki panse yo ka fè fo sètifika polis oswa achte yon ajan, nou voye mesaj sa a klè : koripsyon an ak moun ki pran lajan an, yo pral tou de peye pri a. Pinisyon an ap sevè. Selil nou enstale jodi a ap pèmèt nou idantifye fo dokiman ak moun ki dèyè yo. Latibonit merite yon sèvis pwòp. »

Jamesley a également souligné que la formation du personnel local constitue une priorité, afin que la cellule puisse fonctionner en pleine autonomie dans les meilleurs délais. Il a par ailleurs précisé les pièces requises pour l’obtention d’un certificat de police délivré par la DCPJ.

Pour une première demande :
– Deux photos d’identité fond blanc
– Copie de la première page du passeport
– Copie de l’extrait d’archives ou de l’acte de naissance
– Reçu d’achat à la DGI pour la DCPJ
– Lettre de motif justifiant la demande du certificat de police

Pour les personnes résidant à l’étranger :
– Deux photos d’identité fond blanc
– Copie de la première page du passeport
– Copie de l’extrait d’archives ou de l’acte de naissance
– Envoi de l’empreinte digitale originale par DHL ou FedEx
– Copie d’une pièce d’identité de la personne vivant à l’extérieur du pays

Pour un renouvellement :
– Deux photos d’identité fond blanc
– Copie de la première page du passeport
– Copie de l’extrait d’archives ou de l’acte de naissance
– Copie de la carte Dermalog, du permis de conduire ou du matricule fiscal
– Copie du certificat de police expiré
– Reçu d’achat à la DGI pour la DCPJ

L’État central appuie le mouvement

La présence de Kenton Louis, délégué départemental de l’Artibonite, a témoigné de l’engagement de l’État central dans cette démarche. Le représentant du pouvoir exécutif dans le département a rappelé que la sécurité et la justice sont des conditions sine qua non du développement.

« Gouvènman an ap travay chak jou pou l rann leta fonksyonèl nan tout depatman yo. Sa nou fè jodi a nan Gonayiv la, se yon mesaj klè : Latibonit pa abandone. Lè jistis mache, devlopman an ka mache tou. Nou la, nou kenbe. »

La voix de l’arrondissement

M. Ernest Daréus, vice-délégué de l’arrondissement des Gonaïves, a pour sa part mis en lumière les réalités quotidiennes des populations locales, qui attendent depuis longtemps des institutions judiciaires à la hauteur de leurs besoins.

La Mairie aux côtés de l’initiative

La municipalité des Gonaïves, représentée par Me Jean Kenson Pierre a tenu à exprimer le soutien institutionnel de la commune à cette avancée. L’avocat a rappelé que la Mairie, en tant qu’institution de proximité, mesure chaque jour l’impact de l’insécurité juridique sur les citoyens.

« Mèri Gonayiv la salye inisyativ sa a ak de men louvri. Lajistis pa ka fèt san teknik, e teknik pa ka fèt san mwayen. Sa DCPJ ap mete kanpe jodi a, se yon sipò dirèk pou sitwayen yo, pou dwa yo, pou diyite yo. Nou nan kote sa a nèt ale. »

Les droits des femmes et des enfants au cœur des enjeux

La dimension sociale de l’identité judiciaire a été portée avec force par Jeanne Bolivard, directrice du Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF) de l’Artibonite. Elle a rappelé que les femmes et les enfants sont souvent les premières victimes d’infractions pour lesquelles l’absence de preuves scientifiques laisse les coupables impunis.

« Fanm yo ak timoun yo se yo ki peye pri a pi lou lè jistis la pa travay. Vyolans, kadejak, trafik tout krim sa yo bezwen prèv. Selil idantite jidisyè a, pou nou nan MCFDF, se yon zouti pwoteksyon. Li ka chanje lavi fanm ak fi nan Latibonit la. Nou pral travay ansanm pou sa rive. »

Un tournant pour l’Artibonite

La cérémonie d’implantation de la cellule d’identité judiciaire aux Gonaïves marque une rupture avec des décennies de centralisation des moyens techniques de la justice à Port-au-Prince. Elle témoigne d’une volonté partagée entre services judiciaires, forces de l’ordre, administration territoriale et société civile de doter l’Artibonite d’une justice moderne, efficace et équitable.

Gonaïves, ville meurtrie par des années d’instabilité, accueillent aujourd’hui une institution dont les effets, espèrent les autorités, se feront sentir bien au-delà des murs du tribunal. Car derrière chaque empreinte digitale relevée, chaque scène de crime analysée, chaque certificat délivré avec rigueur, c’est la confiance des citoyens dans l’État qui se reconstruit, un acte à la fois.

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