Written by 10h24 À la une, Actualités, Education Views: 40

Artibonite : enseignants en colère, un an après un accord non respecté

Enseignants mobilisés pour exiger salaires, nominations et postes à temps plein, manifestations prévues le mardi 6 janvier 2026

La situation des enseignants dans l’Artibonite atteint un point critique. Lors d’une conférence de presse ce dimanche 4 janvier 2026 aux Gonaïves, le professeur Ferdinand Petit-Frère, porte-parole de la Komisyon Mobilizasyon Lit Sendikal Anseyan nan Latibonit (KOMOLSEA), a dressé un bilan alarmant. Un an après la signature d’un accord avec le ministère de l’Éducation nationale, les engagements restent largement ignorés, plongeant le corps enseignant dans une frustration grandissante.

Un accord oublié par l’État

« Nou te kòmanse batay la men nou te bay Leta yon ti chans paske nou pa t vle yon jou klas rate », a déclaré Petit-Frère, dénonçant l’inaction du ministère et les promesses non tenues. Selon le syndicaliste, quatre revendications essentielles n’ont toujours pas été respectées : la Nomination des professeurs dans les salles de classe, le paiement des arriérés de salaire, l’ajustement des chèques pour les promoteurs, et l’octroi de postes à temps plein pour les enseignants du 1er et 2e cycle.

Depuis la signature de l’accord de janvier 2025, les enseignants ont accordé une année de patience à l’État. Mais le comportement des autorités, perçu comme dilatoire et divisif, a alimenté la méfiance. « Yo vle fè anseyan 1e ak 2e cycle yo fè fas ak anseyan segondè yo. Nou p ap aksepte sa », avertit Petit-Frère, dénonçant la volonté des pouvoirs publics de fragmenter le corps enseignant pour affaiblir la mobilisation.

Une mobilisation imminente

Face à cette situation, KOMOLSEA annonce des mouvements de protestation dès le 6 janvier 2026. « N ap okipe tout direksyon depatmantal edikasyon yo ak BDS yo nan peyi a. Si Leta pa tande vwa nou, nou p ap kite yo ak tout sa ki te enkli nan akò 20 janvye 2025 lan », prévient le porte-parole. L’organisation promet une action coordonnée à travers tout le département, incluant les directions départementales et les bureaux de district scolaire.

Des enseignants déterminés

Me Mackenson Jean, également membre de KOMOLSEA, reste ferme sur la ligne à tenir. « Nou menm anseyan nan Latibonit nou p ap fè trèv ankò. Si Leta li pa vle lekòl, ebyen nou menm n ap pran pozisyon nou. Nou mande pou tout anseyan yo leve pou nou ale plante pikèt devan direksyon ministè a », affirme-t-il. Il appelle également les parents à soutenir la mobilisation, soulignant que la lutte des enseignants ne concerne pas seulement leurs droits, mais l’avenir de l’éducation dans le département.

Une crise sociale et institutionnelle prolongée

La colère des enseignants reflète une crise structurelle dans le système éducatif haïtien. L’Artibonite, comme d’autres départements, est confronté à un manque de professeurs dans les salles de classe, des retards de paiement récurrents et des conditions de travail précaires. L’incapacité de l’État à honorer ses engagements accentue la désaffection des enseignants et risque d’impacter la qualité de l’enseignement, la tenue des classes et la rentrée scolaire.

Des enjeux politiques et sociaux majeurs

Cette nouvelle mobilisation illustre un conflit plus large entre les corps éducatifs et les autorités, où la légitimité des institutions est remise en question. Si l’État reste sourd aux revendications, la protestation pourrait s’étendre, entraînant des perturbations significatives dans les écoles, mais aussi une amplification de la pression sociale sur les décideurs.

Pour Petit-Frère et ses collègues, il ne s’agit pas seulement de salaires ou de nominations, mais de reconnaissance et de respect des enseignants, piliers du système éducatif. « Nou pa p kite Leta kontinye jwe ak lavi pwofesè yo. Se pitit yo nan klas yo k ap peye pri sa », affirme le syndicaliste.

Une population appelée à se mobiliser

KOMOLSEA invite parents et communautés à accompagner les enseignants dans ce combat, arguant que l’avenir scolaire des enfants dépend d’une action collective. Le mouvement reflète ainsi une tension sociale qui dépasse la sphère syndicale, interrogeant la capacité de l’État à répondre efficacement aux besoins de ses agents éducatifs.

Un an après l’accord de janvier 2025, l’Artibonite se trouve à un carrefour : soit l’État respecte enfin ses engagements et rétablit la confiance, soit le département pourrait connaître une escalade des tensions sociales avec des conséquences directes sur l’éducation et la cohésion locale.

Visited 40 times, 1 visit(s) today
Close
© 2024 -2025 Tandans7. Tous droits réservés. | Préparé par Lokahdes