
Depuis plus de deux décennies, la vie politique du département de l’Artibonite est marquée par une dérive préoccupante : l’usage récurrent de la violence comme instrument de conquête et de conservation du pouvoir. Le parti AAA de Youri Latortue s’impose, à ce titre, comme l’un des exemples les plus emblématiques de cette pratique, ayant fait de l’intimidation et du désordre une alternative aux urnes lorsque le verdict populaire lui est défavorable.
Comme l’avait justement souligné Mahatma Gandhi, « la violence est l’arme des faibles ». En Artibonite, l’expérience démontre que chaque recours à la violence n’a produit ni stabilité, ni progrès social, mais plutôt davantage de fractures et de méfiance envers les institutions.
Entre 2005 et 2016, les méthodes employées par AAA ont suivi un schéma constant. À chaque cycle électoral, dans les communes où la défaite semblait inévitable, la violence surgissait comme un levier politique. Cette logique de confrontation systématique a contribué à installer un climat de peur durable, affaiblissant la participation citoyenne et minant la crédibilité du processus démocratique.
Une violence politique répétitive et contre-productive
Loin d’être des dérapages isolés, les actes de violence associés à AAA s’inscrivent dans une stratégie politique assumée. Pourtant, l’histoire politique universelle est sans équivoque : « On ne construit pas une société juste sur la peur » (Hannah Arendt). La violence peut contraindre temporairement, mais elle ne crée jamais de légitimité ni d’adhésion populaire durable.
En Artibonite, cette pratique a banalisé l’insécurité et transformé les périodes électorales en moments d’angoisse collective, alors que la démocratie exige, au contraire, un climat de confiance et de liberté.
La manipulation de la justice : un symptôme de faiblesse politique
Lorsque la justice parvient à interpeller des fauteurs de trouble, des pressions sont exercées pour entraver les procédures ou obtenir leur libération. Ce phénomène traduit une volonté manifeste de soumettre l’appareil judiciaire à des intérêts politiques. Or, comme le rappelle Montesquieu, « il n’y a point de liberté si la puissance de juger n’est pas séparée de la puissance politique ».
Chercher à contrôler la justice pour protéger des auteurs de violences revient à reconnaître implicitement l’échec du projet politique défendu. Un pouvoir qui s’appuie sur l’impunité plutôt que sur la loi est un pouvoir en sursis.
Les alliances politiques face au jugement populaire
Toute formation politique qui s’associe à AAA s’expose inévitablement à un rejet social et politique. La population de l’Artibonite comprend de plus en plus que « la fin ne justifie jamais les moyens ». Aucune ambition électorale ne peut légitimer l’usage de la violence contre les citoyens.
Comme l’énonce clairement la Charte des Nations Unies, « la paix et la sécurité sont les fondements du développement et du bien-être des peuples ». Toute alliance fondée sur la brutalité et l’intimidation est vouée à l’échec moral et politique.
Une population déterminée à dire non à la violence
La société artibonitienne exprime aujourd’hui une lassitude profonde face aux cycles répétés de violence. Les citoyens aspirent à une politique fondée sur le dialogue, la confrontation des idées et le respect du verdict des urnes. Cette évolution traduit une vérité simple mais essentielle : « La violence détruit ce qu’elle prétend défendre ».
Vers la fin d’un cycle
Les règnes politiques fondés sur la peur ne sont jamais durables. Comme l’enseignait Nelson Mandela, « la liberté ne se gagne pas par l’oppression, mais par la justice ». L’Artibonite semble atteindre un point de rupture, où la population refuse désormais que son avenir soit confisqué par la violence.
Dire halte aujourd’hui, c’est affirmer une évidence universelle : aucun problème politique ne peut être résolu par la violence, et aucun projet collectif ne peut s’épanouir dans l’insécurité.
La démocratie comme seule voie légitime
L’expérience de l’Artibonite montre clairement que la violence politique, incarnée par les pratiques répétées de AAA, a freiné la démocratie et compromis le bien-être collectif. « La démocratie commence là où la peur recule ».
L’avenir du département dépend désormais d’un choix clair : continuer sur la voie de la contrainte ou s’engager résolument dans une politique fondée sur le respect, la justice et la volonté populaire. Refuser la violence, c’est choisir la dignité, la paix et le progrès durable.





