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Plaidoyer pour la levée de l’embargo sur les armes : Me Fritzmay Pierre interpelle le Conseil de sécurité de l’ONU

Me Fritzmay PIERRE,Avocat.

Dans une correspondance officielle adressée au Conseil de sécurité des Nations unies, l’avocat haïtien Fritzmay Pierre appelle à une réévaluation urgente des mesures restrictives imposées à Haïti, notamment celles découlant de la Résolution 2794 (2025) adoptée le 17 octobre 2026. Il estime que ces dispositions soulèvent de sérieuses préoccupations au regard du droit international et de la situation sécuritaire du pays.

Dans sa lettre adressée aux membres du Conseil, l’homme de loi soutient que si l’organe exécutif de l’Organisation des Nations unies agit dans le cadre des pouvoirs que lui confère la Charte des Nations unies, ces prérogatives doivent néanmoins respecter les principes fondamentaux du droit international, notamment la souveraineté des États et la protection des droits humains.

Une atteinte aux capacités sécuritaires de l’État haïtien

Selon Me Pierre, l’embargo sur les armes imposé à Haïti compromet directement la capacité de l’État à assurer la sécurité de sa population. Il affirme que ces restrictions, bien qu’orientées officiellement vers la limitation de l’approvisionnement des groupes armés, affectent également les institutions légitimes chargées du maintien de l’ordre public.

Il évoque ainsi une asymétrie sécuritaire préoccupante, dans laquelle les forces publiques se trouvent fragilisées face à des groupes armés lourdement équipés.

Toujours selon lui, la menace sécuritaire actuelle étant essentiellement interne, la persistance de telles mesures soulève des interrogations quant à leur conformité avec les principes de nécessité et de proportionnalité qui encadrent l’action du Conseil de sécurité dans le cadre du Chapitre VII de la Charte des Nations unies.

Des conséquences directes sur la population civile

Dans sa correspondance, Me Pierre insiste également sur l’impact des restrictions internationales sur la population haïtienne. Il estime que la limitation des capacités opérationnelles de l’État expose davantage les citoyens à des violations graves de leurs droits fondamentaux, notamment :

  • le droit à la vie
  • le droit à la sécurité
  • le droit à la dignité humaine

autant de principes consacrés par la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Il soutient par ailleurs que la pratique internationale reconnaît que des sanctions produisant des effets excessifs ou contre-productifs peuvent engager la responsabilité de l’organe qui les adopte, en particulier lorsqu’elles aggravent une crise au lieu de contribuer à sa résolution.

Une demande de réévaluation urgente des mesures

Face à cette situation, l’avocat haïtien appelle le Conseil de sécurité à procéder, dans les plus brefs délais, à une réévaluation approfondie des mesures prévues par la résolution 2794 (2025), en vue d’envisager leur levée ou, à défaut, leur révision substantielle.

Selon lui, une telle démarche permettrait :

  • de garantir le respect de la souveraineté de l’État haïtien
  • de renforcer l’efficacité de l’action internationale
  • et de prévenir une aggravation supplémentaire de la crise sécuritaire nationale

Il avertit également que le maintien prolongé de ces mesures pourrait être perçu comme incompatible avec les exigences de légalité internationale et de protection des droits fondamentaux.

Cette prise de position intervient dans un contexte où la question de l’embargo sur les armes continue de susciter de vifs débats en Haïti, tant au sein des milieux juridiques que politiques et sécuritaires.

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